Trois nymphes
Bronze sur base métal, œuvre originale, tirage limité à 8 exemplaires, numérotée, signée et datée, cachet du fondeur50x50x20 cm Année 2000
Sculpture
Marta Moreu
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Présentation
… Toute ma création est spontanée et souvent non réfléchie. Elle naît de mes sentiments les plus profonds, avec une seule intention, le témoignage. Vers qui ou vers quoi, je ne sais pas. Probablement avec moi. C’est comme faire une introspection, une analyse psychologique qui fait ressortir mes peurs, mes doutes, mon passé, tout mon monde intérieur souvent inconnu et étranger pour moi.… Je suis à la recherche de la réalité du subconscient, plus liée à mes rêves qu’à ce qui m’entoure. Je cherche des solutions inhabituelles pour mes silhouettes agissant en dehors de leur contexte : un cheval sur des échasses, ou conduisant une voiture ou s&rsquau football.
L’irréalité très accentuée par le challenge constant de la gravité, des corps qui ne pèsent rien, qui flottent dans l’air, sans contact direct avec la terre, et ce contact est ce qui nous ramène à la réalité. La réalité est un rêve et le rêve est réalité. J’utilise des éléments opposés et incongrus pour faire plus clairement la critique de la société avec ses métaphores ironiques.
… Il y a des éléments qui sont suggérés dans ma sculpture, mais dans l’invisible. Souvent, pour des raisons esthétiques et de composition la sculpture n’est pas si explicite et peut donner cours à différentes lectures selon le spectateur. L’invisible fait que ces éléments acquièrent encore plus de présence.
Marta Moreu, 2002
Depuis le tout début, la sculpture de Marta Moreu s’est concentrée autour d’une réalité emblématique, une réalité qui demeure un véritable récit autobiographique qui nous conduit dans un univers de souvenirs, le long d’une route d’expérience des sens et de sentiments, répétés avec une forte nostalgie, mémoire et mélancolie.
Son cursus à l’école des Arts Décoratifs de Barcelone et ses apprentissages dans différentes villes l’a amenée à se focaliser sur l’étude du corps humain, qui est devenu un point constant de référence. Cette force expressionniste de la forme, la tension structurelle et la distorsion des corps nus dans des postures inhabituelles – parfois poussées au-delà des limites de leurs possibilités – forment une sculpture qui s’enfuit des premières représentations aux compositions traditionnelles de personnages seulement, prétexte d’une analyse de la condition de l’existence humaine.
Ses sculptures, comme de petites études de personnages seuls, en couple ou en groupe, semblent représenter sa propre condition existentielle. La figure humaine est placée en situation d’équilibre instable sans repère spatial qui intensifie la position de l’individu selon sa destinée. Un héros luttant entre l’abjection et la joie, la vérité et l’ironie, la réalité et le rêve, joie et amertume… En bref, une lutte individuelle entre la vie et la mort, et toujours en mouvement. Ce dialogue bi-polaire se moue dans la sphère structurelle, pour qu’il existe dans la figuration formelle, comme une réaction antagoniste, comme par exemple entre l’horizontal et la verticale, entre le vide et le plein ou le flottement et le contact, afin d’éviter la tension inhérente d’une harmonie réelle.
Mouvement, activité, et action sont inhérentes dans la sculpture de Marta Moreu. Les différents thèmes qu’elle développe (l’équilibre, la danse, les transports, la mythologie etc.) accentuent ce concept de dynamisme et de mobilité si caractéristiques dans son travail. Pour cette raison, les personnages dans ses scènes semblent voler, s’élever dans les airs dans une suspension quasi-immatérielle. Depuis que c’est ainsi, si la sculpture est devenue traditionnellement une pratique artistique basée sur le poids de la mémoire, la densité structurelle et la gravité volumétrique, - malgré l’emploi du bronze - sa sculpture s’enfuit de ses paramètres pour offrir la très belle lumière, la légèreté, l’agilité et la brièveté, alors que le temps insiste sur l’énergie et la vitesse inhérente à notre temps.
La finition de la patine avec différentes nuances (rouge, ocre, vert etc.) conduit à un certain volume pictural, alors que leur apparence rude et brusque accentue le pouvoir, la chaleur et la texture matérielle afin d’inclure une intention initiale immédiate.
Ce monde de Marta Moreu est un des mondes intérieurs qui nous dépasse face aux problèmes de l’existence et au sein de l’agitation psychologique des personnages qui font valoir leur valeur symbolique. Par exemple, derrière l’acrobate dans une position instable, ou derrière le demi-homme, demi-cheval centaure, ou même derrière le groupe de voyageurs conduisant à toute vitesse dans la voiture, différentes lectures sont possible, après observation.
Nous pourrions repenser au monde de Marcel Duchamp, le spectateur étant le penseur de l’œuvre. Pour de vrai ! Ni la beauté, ni la laideur n’est attribut des choses elles-mêmes, mais n’existe que dans l’attente de ceux qui les observent, et à chaque observation une nouvelle beauté, ou laideur voit le jour. C’est la raison pour laquelle le spectateur joue un rôle actif dans le travail, y apportant un peu de son imagination.
Ainsi, la réponse trouvée au contact d’œuvres de Marta Moreu varie en fonction des perspectives culturelles, intellectuelles et humaines. Regardant vers le nombre circulaire, par exemple, certains y verront seulement le mouvement audacieux d’un funambule, avec son contrepoids, alors que d’autres l’interpréteront comme l’équilibre hasardeux surmontant les situations quotidiennes, d’autres en constante réaction entre les individus et l’environnement, et d’autres découvriront l’instabilité interne d’être lancé dans un trou qui les conduit à l’hésitation complète ou à un challenge personnel pour survivre au monde social. Tout ça et encore plus. Marta Moreu nous offre son œuvre de telle manière à ce que l’on exerce notre œil et redéfinisse le monde.
Conxita Oliver, journaliste


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DOSSIER : la culture en panne de sens ?
Des fossoyeurs plus ou moins bien intentionnés le proclament sur tous les tons : la politique culturelle française est arrivée en fin de cycle. Les artistes ne savent plus guère quelle place leur réserverait une société qui serait tout entière soumise au règne de la performance et du résultat – alors même que les inégalités sociales et culturelles se creusent. Autant dire que, si les années Sarkozy vont marquer une sérieuse panne budgétaire dans la culture, celle-ci est traversée, en son sein même, par une crise du sens que les gesticulations pseudo consultatives du ministère de la Culture seront loin de suffire à résoudre.









