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Alain Delatour - Echauffement du gardien
Echauffement du gardien

Peinture

Alain Delatour

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DelatourAlain Delatour
L’ivresse de la vue


« L’ironie abrège et morcelle, elle brise la continuité du discours et instaure le dialogue et la dialectique. Elle s’arrête en route, par ascétisme, afin d’éviter de verser dans les complaisances du pathos. »
Vladimir Jankelevitch


Pour saisir l’essence de la peinture de Delatour, il ne faut pas s’arrêter à l’apparence première que nous renvoie ses œuvres. Car à commettre un tel impair, on se contenterait de dire : l’œuvre de Delatour est une combinaison des styles de Matisse et de Mondrian : de Matisse, elle a gardé l’amour des formes simples et des lignes serpentines, de Mondrian, l’intelligence des couleurs et des structures. Mais en se contentant de dresser un tel constat, on passerait à côté du côté « Pop » de ces peintures, c’est-à-dire, de ce qui constitue leur côté ironique et conscient.

Pour le dire, d’emblée, sous une forme condensée et brève : dans l’œuvre de Delatour, le caractère intellectuel et pédant de l’abstraction (son caractère vide ou spirituel) est ramenée du côté d’une figuration simple et naïve, tandis que la figuration, pour autant qu’elle se confond, par endroits, avec la trame abstraite qui la supporte, perd son caractère simple et naïf pour devenir, à l’inverse, quelque chose comme un objet visuel non identifiable. Autrement dit, bien loin de n’être qu’un disciple des peintres modernes, Alain Delatour porte à la limite les deux extrêmes de la chaîne symbolique (l’abstraction et la figuration) et les fait se confondre ? ou plutôt, s’auto élever/abaisser ? dans un grand éclat de rire.

Que faut-il voir dans un diptyque comme Vin et femme ? A première vue, ce que nous voyons n’est qu’un amas de cercles, au mieux, un amoncellement de bulles, quelque chose comme une grappe de raisins vue au travers d’un filtre coloré; grappe qu’une ligne géométrique vient traverser tantôt sur sa droite, tantôt sur sa gauche. Mais, tout à coup, voilà que tout change et que cette ligne, en apparence innocente et abstraite, se met à dessiner, presque à notre insu, un corps de femme. Autrement dit, voilà qu’au lieu de l’image à la fantaisie abstraite, douce et reposante, nous nous retrouvons avec un tableau nous dévoilant un corps de femme et, qui plus est : un corps nu !

Fruit défendu de l’ivresse de la vue, ce corps nu rend par conséquent caduc l’innocence de notre première perception. En même temps, et telle est la force de Delatour, ce corps, cette esquisse, cette ligne serpentine, dès l’instant que nous cessons de consacrer toute notre attention sur elle, redevient le simple élément d’un tout abstrait, élément auquel elle appartient, et auquel elle ne fait qu’emprunter son sens véritable. Voilà, peut-être, le sens ultime qu’il faut conférer à l’humour que déploie l’œuvre de ce peintre à l’ironie à la fois potache et savante : il laisse à son spectateur la charge de choisir ? entre le corps érotique et l’abstraction innocente ? selon le désir qui est le sien, c’est-à-dire, selon le désir qui le hante.

Frédéric-Charles Baitinger
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