Michel Soucy - Arbitre
Arbitre
2005


Peinture

Michel Soucy

Retour
Présentation
“La peinture de Michel Soucy nous parle d’existence, d’identité et de reconnaissance, des blessures de l’âme et des tourments du corps quand face à l’autre, nous ne pouvons ni être ni communiquer. Les personnages sont isolés, sans visage, en quête d’identité. D’autres éructent leur rage, libèrant une gorge trop longtemps encombrée. Ailleurs, des autoportraits s’évadent du cadre, vifs, colorés, en mouvement. Une évocation sensible et troublante d’une frontière intangible entre l’absence et la présence au monde.”

Eveline Bijl



Audition. Des personnages isolés, déformés ou à peine formés crient sur fond de toiles agressées. Que veulent-ils faire entendre dans cette étrange audition? Leurs bouches hurlantes crachent de petits personnages, silhouettes menues éjectées de la toile. Les couleurs vives, parfois violentes, sont habillées de matières solidifiées, qui se portent tel un fardeau. Les coups de pinceau s’infligent, douloureux et blessants. La toile se fait réceptacle cutané des meurtrissures de l’artiste. Jeu de maux à fleur de peau sur un canevas sans parole.

Face à face décline en noir en blanc l’intimité et le mystère de notre réflexion. Qui du corps ou de l’esprit s’avère égaré, éperdu, mis en pièces ? L’homme se contemple, face au vide, face au plein. Et nous l’accompagnons dans ce voyage en nous interrogeant, en rêvant avec lui. Une échelle nous y élève, une barque nous mène au loin. Le cri, toujours présent, cette fois se fait entendre, ne fût-ce que d’un quidam isolé au chapeau ordinaire.

Survoyance. Se laisser prendre par la caméra, en être martyrisé et se faire voir. L’artiste se traque partout, à la sortie d’un bain, d’un lit ou d’une ruelle, dans la pénombre d’un garage souterrain ou à la lumière blafarde d’une cage d’escalier. Un physique en contorsion, un corps qui appelle. Le miroir de soi réfléchit sans pudeur le besoin d’exister, de s’immortaliser. Porter un regard sur soi est aussi une tentative de rencontrer l’autre, en soi ou en dehors de soi. Portraits insaisissables de l’artiste en mouvement. Il est ici et là, absent, présent dans un flou perpétuel. Surveillance, voyeurisme… instantanés qui se dérobent.

Exil des cerveaux est une tragi-comédie. Quand l’être humain est tueur en série, prédateur ou traître à sa nation. Quand la cervelle est celle d’un être sans cœur.

http://www.lagalerie.be/soucy/index.htm



Biographie

Michel Soucy (Canada, Schefferville, 1963 -)

Plasticien et scénographe d’origine canadienne, diplômé du Central Saint Martins College of Arts and Design de Londres, Michel Soucy vit et travaille à Bruxelles depuis bientôt cinq ans.

Son parcours artistique l’amène à expérimenter différents mediums, la peinture, la sculpture, la photographie, l’infographie sans oublier la vidéo “Do you feel” et “Rituel” pour lesquelles il est primé en 1989.

Michel Soucy s’intéresse particulièrement à l’image du corps. Inlassablement passées au crible, en peinture comme en photographie, les parties du corps sont examinées d’une manière quasi chirurgicale. Sous l’angle microscopique, la perspective est troublante, le sujet se renouvelle. Exploration de la tête, de la peau ou des organes… les chairs se muent en textures, concrétions colorées. Elles proposent un nouveau regard sur le corps et l’esprit transfigurés.

Dans les années 90, les séries Infections, Gros plans, et Matières sont exposées à Montréal. Son œuvre groupant peintures et dessins invite le public à se plonger dans une atmosphère mêlant à la fois glauque et raffinement.

Il entame ensuite une démarche expérimentale sur l’observation anatomique passant littéralement l’image du corps à la loupe. L’exposition Corps à corps voit le jour, une œuvre forte aux confins de la peinture et de la photographie.

Passionné de cinéma auquel il prête son fusain pour la réalisation de storyboards ou de décors, l’artiste délaisse parfois le cadre et se tourne vers la mise en scène. Il se forme à Londres, à Helsinki et à Amsterdam.

Ses connaissances en vidéo et en photographie le mènent à développer un intérêt aigu pour l’image de synthèse. Il ouvre sa palette à d’étranges horizons : le fantastique, le mystère. En 2000, il s’installe définitivement à Bruxelles et fonde la société Scénozone spécialisée dans la conception scénographique et la valorisation de l’image virtuelle.

En parallèle, il poursuit son œuvre plastique. En 2004, les séries Audition, Face à face et Persona non grata explorent le thème de l’isolement, de l’identité et de la reconnaissance. Les techniques utilisées mêlent peinture, image numérique, photographie.

Du pinceau au stylet infographique, l’artiste tisse sa toile virtuelle et cosmopolite, attentif à garder son trésor : une éternelle curiosité, des éclats de rire d’enfant et le pragmatisme héréditaire du pays des bûcherons.

Sur la toile et sur l’écran, la vie explose dans un bouquet de lumières, de matières et de couleurs.
Inscriptions

Artiste ? Galerie d’art ?
Créez votre page sur Artisho !


Recherche
Envoyer la page à un ami
Précédent / Suivant


Laurence Vargoz
Jean Claude Espinasse
Newsletter
Partager sur d’autres réseaux

Partager sur Google Partager sur Scoopeo Partager sur Wikio Partager sur MySpace Partager sur Yahoo Buzz Changer mon statut sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur del.icio.us Partager sur Reddit Partager sur Digg Partager sur BlogMarks Partager sur LinkedIn Partager sur Viadeo Partager sur Netvibes Changer mon statut sur HelloTxt